Cette rubrique rassemble les textes consacrés aux expériences curatoriales menées dans différents contextes : expositions, festivals, biennales, résidences, projets arts-sciences, dispositifs numériques ou installations situées. Elle ne considère pas la curation comme une simple sélection d’œuvres, ni comme l’organisation technique d’une exposition, mais comme une pratique de mise en relation.
Curater, ici, signifie créer les conditions d’apparition d’une œuvre, d’un geste, d’un récit ou d’une situation. Cela suppose de travailler avec des artistes, des lieux, des temporalités, des publics, des institutions, des contraintes matérielles et des formes d’adresse. L’exposition n’est jamais seulement un espace neutre où les œuvres seraient déposées. Elle est un milieu provisoire, construit par des choix, des tensions, des voisinages, des circulations et des manières de regarder.
Les textes réunis dans cette section reviennent sur des projets curatoriaux développés entre plusieurs territoires, notamment en France, en Argentine et dans des contextes transnationaux. Ils interrogent la place du commissaire comme passeur, mais aussi comme constructeur de situations : entre artistes et publics, entre œuvres et lieux, entre pratiques contemporaines et patrimoines, entre présence physique et relation à distance, entre création et recherche.
La curation apparaît ainsi comme une figure de l’entre. Elle ne se situe ni entièrement du côté de la création, ni seulement du côté de la médiation ou de l’institution. Elle opère dans les passages : elle relie, agence, déplace, accompagne, rend possible. Elle accepte aussi l’incertitude propre aux œuvres en train de se faire, aux contextes instables, aux collaborations fragiles.
Cette rubrique propose donc de suivre la curation comme une pratique située de pensée et d’expérimentation. Une manière de construire des espaces où les œuvres ne sont pas seulement montrées, mais mises en tension avec des lieux, des corps, des histoires, des technologies, des publics et des formes de présence.
