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Arts et Sciences

Biolaboratoire mobile, une collaboration Arts et Sciences sur les écosystèmes marins

Le projet naît dans le cadre d’un appel lancé par le Parc naturel marin de l’Estuaire de la Gironde et de la mer des Pertuis, dont l’un des objectifs est la sensibilisation aux écosystèmes et aux habitats marins. Il associe La Rochelle Université, l’Universidad Nacional de Tres de Febrero et l’association S-LAB, dans une collaboration qui cherche à croiser recherche, création, médiation et territoire.

Le mot “mobile” est important. Il ne désigne pas seulement un objet que l’on pourrait déplacer d’un lieu à l’autre. Il indique une manière de penser la médiation. Le Biolaboratoire ne doit pas seulement attendre le public dans un espace institutionnel déjà identifié. Il doit pouvoir aller vers lui, s’installer ailleurs, se déplacer, rencontrer des situations, des usages, des lieux de passage. Il s’agit moins de construire une exposition fixe que d’imaginer un dispositif capable de circuler.

Cette mobilité pose immédiatement plusieurs questions. Que signifie déplacer un laboratoire ? Que reste-t-il d’un savoir scientifique lorsqu’il quitte le lieu où il est produit ? Comment transporter non seulement des contenus, mais des expériences, des gestes, des formes d’attention ? Et que devient la médiation lorsqu’elle ne se contente plus d’expliquer un milieu, mais cherche à faire sentir sa fragilité, ses rythmes, ses interdépendances ?

Le milieu marin résiste à la représentation. Il est proche et distant à la fois. Nous voyons la mer, les ports, les plages, les bateaux, les marées. Mais nous percevons moins facilement les habitats, les équilibres biologiques, les seuils écologiques, les transformations lentes ou les vulnérabilités discrètes. Beaucoup de choses se passent sous la surface, dans des temporalités qui ne coïncident pas avec celles de l’événement ou de l’image immédiate.

C’est ici que les arts peuvent jouer un rôle. Non pas pour décorer un discours scientifique, ni pour rendre plus séduisantes des données déjà stabilisées, mais pour ouvrir d’autres formes de relation. Les sens, les émotions, les intuitions, les images, les sons, les dispositifs interactifs peuvent permettre d’approcher autrement ce qui reste difficile à voir ou à comprendre. Le projet cherche précisément à mobiliser ces dimensions sensibles pour sensibiliser aux écosystèmes et aux habitats marins.

Il y a là une figure de l’entre très concrète : entre laboratoire et espace public, entre connaissance et expérience, entre milieu marin et dispositif de médiation, entre territoire local et coopération internationale. Le Biolaboratoire mobile ne se présente pas comme une réponse déjà prête. Il ouvre plutôt une situation de recherche et de création autour d’une question urgente, comment faire sentir un milieu dont nous dépendons, mais que nous ne savons pas toujours percevoir ?

Pour l’instant, tout reste à construire : les formes, les œuvres, les circulations, les modes de rencontre avec les publics. Mais peut-être faut-il commencer par cette image, celle d un laboratoire qui ne reste pas à sa place. Un laboratoire qui sort, qui se déplace, qui accepte de devenir dispositif, récit, expérience, peut-être même atelier. Un laboratoire qui ne cherche pas seulement à montrer ce qu’il sait, mais à apprendre comment un savoir peut devenir sensible lorsqu’il rencontre un territoire et des publics.


Le texte seul est utilisable sous licence Creative Commons Attribution Utilisation non commerciale 4.0 International. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont “Tous droits réservés”, sauf mention contraire.


OpenEdition vous propose de citer ce billet de la manière suivante :
Diego Jarak (6 décembre 2019). Biolaboratoire mobile, une collaboration Arts et Sciences sur les écosystèmes marins. G·I·R·A·F·E. Consulté le 18 juillet 2026 à l’adresse https://doi.org/10.58079/16alc


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